samedi 23 août 2014

Le balcon de derrière

Je ne sais pas si c'est caractéristique de Montréal ou des villes d'Amérique du nord. En tout cas dans de nombreux quartiers résidentiels de Montréal, les maisons ont une façade, élégante, généralement flanquée d'un escalier métallique droit ou en colimaçon. Un petit carré de verdure soigné apporte une touche de raffinement; fleurs ou, de plus en plus souvent, légumes. L'arrière est la zone technique. Toujours des escaliers, mais aussi les garages, divers appentis, les poteaux et les fils d'alimentation électriques, des vélos, les poubelles. Dans le mile end et certaines zone du plateau Mont Royal l'alignement de ces arrières de maison est bordé d'une végétation dense d'arbres, de lianes, de tonnelles, de fleurs. Ce sont les ruelles vertes. Ailleurs entre deux rues ou deux avenues se trouve une rue sans nom, la rue de service en quelque sorte ou la végétation est rare mais la faune présente : Pigeons et écureuils sont les vrais maîtres de ces espaces ou les passants sont rares.

Du balcon de l'appartement d'Agnès on voit la rue en enfilade, un peu en auteur. Un fauteuil en osier, une Guirlande tibétaine, quelques plantes comestibles : basilic, menthe, romarin, un poivron mis à mal par les écureuils, de la rue ( la plante) pour les éloigner, le tout mis en scène dans de vielles théières ou des pots en terre.

Un petit balcon urbain par excellence. La vue y est quasi exclusivement minérale ( la brique rouge) et métallique. Les seules taches de verdure visibles sont quelques mauvaises herbes devant les portes délabrées de deux garages et un bouquet d'arbre au loin.

Je passe de long moments sur ce balcon. J'y prends le petit déjeuner, je lis, je bois l'apéro. J'observe le manège élégant de un, deux, voire trois écureuils. Des pigeons qui font peur aux écureuils, qui font peur aux pigeons et comme ça presque toute la journée. Les italiens du bar qui a pignon sur le boulevard St Laurent, garent leurs Porsches, Audi, Mercédes dans cette arrière boutique discret. Ils ont des têtes comme dans un film de Coppola, rappelez moi le titre… ah oui le P….n.

Le ciel est en permanence traversé par les avions qui décollent ou atterrissent à l'aéroport international. Le bruit de la circulation sur le Boulevard Saint Laurent et la Rue Clark toutes proches est incessant. Un bon gros bruit de ville quoi : des voitures, des motos, des avions, parfois de sirènes d'ambulance et police, le tonnerre et les bip du camion poubelle, quelque fois des cris.

Croyez le si vous voulez mais je me sens bien devant ce paysage d'arrière ville, dans le bruit de la circulation. La campagne est la campagne, la ville est la ville. Comme quoi tout est question d'état d'esprit.









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire